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La Belle Époque



Tricycle à pétrole de Dion-Michelin.
Tricycle à pétrole de Dion-Michelin.

Présentation.

Le Titanic fut mis en service à la fin de que l'on appelait en France la Belle Époque. On appelait cette période l'Âge d'Or en Angleterre.

Il s'agissait d'une période où la technique avançait à grands pas. Les moyens de transport et de communication progressaient. Les modes de vie évoluaient.

Des avancées techniques.

Inventions et découvertes sont deux mots-clefs de cette époque. Selon les moralistes, les progrès scientifiques devaient améliorer les caractères moraux de l'humanité. Le 20e siècle naissant apportait l'espoir.

La technique permettait de concevoir un autre monde. Si le télégraphe avait été une révolution dans le domaine de la communication, la télégraphie sans fil laissait entrevoir de nouvelles libertés.

Antenne du poste TSF à Brest.
Antenne du poste TSF à Brest.

Le rêve de pouvoir voler dans les airs avait excité la conscience. Et ce rêve commençait à paraître à portée de main. En 1900, le compte Ferdinand von Zeppelin réussi son premier vol à bord de son dirigeable LZ1. En 1903, les frères Wilbur et Orville Wright parvinrent à faire voler un aéroplane. En 1905, Louis Blériot réussit le tour de force de survoler la Manche. En 1913, Roland Garros survola la Méditerranée.

Louis Blériot.
Louis Blériot.

Les différences sociales.

L'argent est le moteur de la civilisation. La production industrielle des États-Unis était passée de 7% de la production mondiale, en 1860, à 30%, en 1910. Cette prise de possession des marchés résultait de la conquête du gain de la part de puissants hommes d'affaires tels les industriels John Pierpont Morgan, John Davison Rockefeller ou Henry Ford

Wall Street.
Wall Street.

La révolution Industrielle avait complètement renouvelé la hiérarchie sociale. Les grandes entreprises avaient recruté de la main-d'œuvre. Venu des campagnes, celle-ci s'était entassée dans les villes. Mais les conditions de vie pour ces ouvriers était très difficiles. Les salaires étaient bas, les jours fériés n'étaient pas payés et les logements étaient en deçà d'un minimum. De fait, le prolétariat se forma lentement, ce qui engendra une lutte des classes.

La bourgeoise, qui avait supplanté l'aristocratie jusqu'alors dominante, s'était appropriée la plus haute place sociale. Des fortunes considérables s'étaient élevées grâce aux investissements industriels. L'usine était devenue un lieu stratégique du contrôle social.

Louis Blériot.
À gauche: un forgeron du marteau-pilon.
À droite: deux personnes de la haute société lors du
Grand Steeple-Chasse d'Auteuil, en 1912.

La bienséance.

Les personnes de la haute société qui voyageaient étaient souvent des Américains de grandes familles en voyage d'affaires ou qui voulaient passer quelques jours sur le Vieux Continent, pour assister à des manifestations sportives ou artistiques et séjourner dans des stations à la mode.

La haute société s'était imposée des règles de vie. Des manuels expliquant comment devoir vivre étaient même édités. Les soins de beauté étaient imposés d'un grand raffinement. S'ils ne portaient pas la barbe, les hommes devaient être rasés de près. Les vêtements avaient leur importance: les hommes portaient un costume, un pardessus et une cravate. Quand ils sortaient, ils abordent une cane, des capes et des chapeaux.

Les dames – que l'on appelle élégantes – se devaient de porter d'épais chapeaux et des manteaux de fourrure. Elles devaient encore avoir les cheveux longs mais coiffés en chignon, à l'exception du petit déjeuner ou dans l'intimité d'un boudoir. Leurs chapeaux, qui changeaient de volume au fil des saisons, étaient posés sur leur coiffure. Les robes abordaient des décorations aussi sophistiquées qu'élaborées. Le port du corset était également généralisé; il donnait des silhouettes aussi minces qu'élancées et mettaient les poitrines en valeur. Les enfants devaient porter une culotte courte pour les garçons, et une jupe empressée pour les filles.

Il était de bon ton que les hommes aient un tailleur attitré à Londres et les dames de s'habiller à Paris. Selon les règles en vigueur, les gens fortunés se devaient de porter différentes toilettes spécifiques à l'heure de la journée, comme pour le five o'clock tea, pour se déplacer en ville ou recevoir des amis. Beaux et raffinés, les vêtements demandaient un entretien exigeant de la part des domestiques.

Bienséance.
La bienséance.

L'immigration américaine.

La fin du 19e siècle et le début du 20e virent une importante vague migratoire en direction de l'Amérique. Les origines géographiques de ces passagers étaient diverses. Généralement, il s'agissait de miséreux, d'incultes et in alphabets, qui ne rêvaient que d'Amérique.

En 1820, c'étaient plus de 8 800 immigrants qui arrivent aux États-Unis. Vingt ans plus tard, on en comptait 84 000. New York compte 500 000 habitants en 1850. En 1900, on en dénombre 3 millions, et plus de 5 millions dans l'agglomération. En 1910, sur 91,9 millions d'Américains, 8,8 millions d'entre eux étaient arrivés aux États-Unis ces dix dernières années.

Jusqu'en 1880, c'étaient des Anglais, des Irlandais et des Scandinaves qui constituaient la majorité du flux migratoire. Puis, situation faisant, les Allemands finirent par les atteindre en nombre. Mais depuis le début du 20e siècle, c'étaient désormais des Méditerranéens, des Slaves et des Israélites qui immigraient en nombre considérable vers les États-Unis.

Quand arrivait l'embarquement à bord d'un navire, il est peu douteux que ces passagers s'imaginaient des terribles conditions dans lesquelles ils allaient voyager. Ils s'entassaient dans les cales, là où il y peu d'air et de lumière. Les maladies, dont le typhus, la tuberculose ou la fièvre jaune rôdaient. Le taux de décès en mer atteignaient dans les statistiques les 10% d'immigrants par voyage. Ainsi, on dénombra 40 000 voyageurs morts pour la seule année de 1847.

Comme les émigrants constituaient le plus gros des effectifs du trafic passager, il n'était pas rare qu'un bateau transporta un millier de personnes dans l'entrepont. Cette surcharge alerta un membre du Parlement britannique, Samuel Plimsoll, qui en avertit l'opinion publique. Il en résulta, en 1876, la ratification d'un Merchant Shipping Act où fut créée la ligne Plimsoll, la ligne de flottaison maximale autorisée.

Depuis 1892, quand ils arrivaient à New York, les immigrants devaient débarquer sur Ellis Island, afin de procéder à une vérification des papiers, une visite médicale et à un interrogatoire. Si les conditions n'étaient pas remplies, les gens étaient refoulés. En 1906, 12 000 immigrants se virent ainsi interdire l'accès en Amérique.

Parmi ceux qui remplissaient toutes les conditions, beaucoup se rendirent comptes qu'il ne s'agit pas là du pays de leurs rêves. Au milieu du 19e siècle, The Americain Protective Association, une organisation anti-immigrants et anti-catholiques, comptait 2,5 millions de membres. On parla aussi du «péril jaune». À San Francisco, les enfants Japonais, Chinois et Coréens étaient exclus du système scolaire traditionnel. Une loi fut même votée en 1913 dans l'état de Californie, qui interdisait aux Japonais de posséder une terre.

Les émigrants.
Les émigrants en route vers une terre promise.

La condition féminine.

Les femmes étaient reléguées au rang de nature fragile, dont il fallait prendre le plus grand soin. Celles qui travaillaient étaient généralement de basses conditions sociales. On accusait parfois celles-ci de livrer leurs enfants à la délinquance. Elles n'avaient pas le droit de vote. Les femmes étaient obligatoirement accompagnées lors de leurs sorties. Il était attendu d'elles qu'elles assurent la bonne tenue du foyer; elles devaient élever les enfants, se soumettre à leurs maris. On estimait que le devoir et la soumission des femmes suffisaient à leur bonheur.

Certaines femmes se refusaient au système. C'étaient les suffragettes et les féministes dont le mouvement ne cessait d'augmenter aussi bien en Europe qu'en Amérique. Les suffragettes réclamaient le droit de vote et les féministes exigeaient l'égalité des sexes. Il existait plusieurs associations de part et d'autres de l'Atlantique. La National American Woman Suffrage Association (NAWSA) fut créée aux États-Unis en 1890; la France finit par voir l'Union Française pour le Suffrage des Femmes (USFSF). En Angleterre, une loi fut finalement votée pour autoriser les femmes à voter. En 1913, Marie Denizard se présenta aux présidentielles françaises.

Des suffragettes.
Des suffragettes, 1913.

Les tensions internationales.

Les relations internationales étaient tendues. La loi du Home Rule, qui concernait l'autonomie de l'Irlande, fut votée en Grande-Bretagne en novembre 1912, mais fut repoussée par la chambre des Lords le 30 janvier 1913.

Les relations entre la France et l'Allemagne étaient tendues. Dans un accord signé le 8 avril 1904, le roi Edouard VII et le Président français Émile Loubert créèrent l'Entente Cordiale. La Grande-Bretagne s'intéressait à l'Egypte et la France au Maroc qui, lui, intéressait l'Allemagne. Des diverses tensions allait éclater la Première Guerre mondiale.

Le cuirassé Masséna.
Le cuirassé Masséna.